Ruben AGUILAR : de St Siméon de Bressieux à Montpellier
Date: 11 janvier 2018 à 11:53:07 UTC
Sujet: Les Pros Isérois !



(Source photo : mhsc.fr)

Son histoire est à raconter à ceux qui refusent la fatalité. Ruben AGUILAR est l'un des rares joueurs en Europe à avoir tenu en respect Kylian Mbappé en ce début de saison. 
C’était le 23 septembre, lors du nul de Montpellier contre Paris (0-0). Désormais titulaire, le latéral droit s'impose petit à petit et il est à l'image de l'état d’esprit nouveau de Montpellier, dur au mal, combatif. En tout cas Ruben Aguilar, super recrue, ça fait un moment qu'on avait pas eu un vrai latéral droit.

Cette hargne lui vient de loin. En 2013, son quotidien, ce n’était  pas Cavani ou Falcao. Mais juste de vivre décemment. « Pendant un an, j’ai côtoyé à Pôle emploi des gens qui ne trouvaient pas de travail. Je me souviens de leur détresse », raconte-t-il. Son univers, c’était la DHR, en septième division. « Il y a eu des moments difficiles, mais il n’a jamais abandonné. Il était bien entouré par ses proches, mais il était si fort dans la tête, il a tellement continué à bosser qu’on était obligé de croire en lui », évoque Yannis Belgharbi, son ami d’enfance et coloc’ pendant cette année de galère.
Formé à Grenoble, Ruben Aguilar avait dû en partir à 19 ans après le dépôt de bilan de club. Deux ans plus tard, non retenu par St-Etienne qui l’avait récupéré en formation, il était revenu dans son club d’origine. « J’ai passé la moitié de la saison en DHR avec la réserve. Je ne pensais plus devenir pro, mais juste à essayer de vivre du football. »
Un premier match en CFA, les titularisations qui s’enchaînent. Et à la fin de la saison, le hasard qui lui sourit enfin, avec la présence dans les tribunes de Jean-Luc Vannuchi : « J’étais venu voir deux autres joueurs, j’ai vu Ruben, raconte celui qui allait devenir son entraîneur en L2 à Auxerre. On lui a donné une deuxième chance et il s’est accroché à tout ce qu’il pouvait. »
S’accrocher, bosser, le mot colle à son histoire. « Il a raté l’anniversaire de mes 18 ans parce qu’il avait entraînement le lendemain au centre de formation à Grenoble. C’est une anecdote qui le résume assez bien », sourit Yannis Belgharbi, pas rancunier.

Il signe en juin son premier contrat professionnel en faveur de l'AJA pour une durée de 2 ans et sera titularisé pour le premier match de Ligue2, opposant l'AJA au Havre (victoire 2-0). Lors de cette saison 2014-2015, Ruben s'impose en tant que titulaire. Il est notamment titulaire durant l'épopée de Coupe de Frane qui voit l'AJA aller jusqu'en finale où il s'inclinera 1 à 0 contre le PSG. .Mai 2017, Ruben Aguilar rejoint le Montpellier HSC et la Ligue 1 où il s'impose assez vite comme un titulaire.L’histoire est belle. Elle aurait pu être extraordinaire s’il était Bolivien. Aguilar, patronyme fréquent du côté de La Paz, a reçu de nombreuses sollicitations pour rejoindre la sélection. Le jeu Football Manager lui avait collé une double nationalité franco-bolivienne.L’histoire l’a suivi au point de devoir écrire un démenti sur sa page Facebook, quand l’Amérique du sud s’est soudainement emballé après sa prestation contre Paris. « Ma mère est française, mon père est espagnol, pas bolivien », se marre-t-il.
La roue a tourné. Pas assez pour lui faire perdre la tête à 24 ans. « Je n’ai joué que 16 matchs comme titulaire en L1, j’ai encore tout à prouver, prévient-il. J’ai perdu du temps, mais je crois que passer par ces étapes m’a forgé un mental»




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Débarqué en Ligue 1 à 24 ans, le latéral droit de Montpellier se fait petit à petit une place de titulaire sous les ordres de Michel Der Zakarian.
Du football professionnel, Ruben Aguilar n’avait, jusqu’à présent, connu que la CFA avec Grenoble, et la Ligue 2 avec Auxerre. A 24 ans, il découvre donc le très haut niveau en signant à Montpellier cet été. Après un début de saison entamé sur le banc héraultais, il prend ses marques et prétend désormais à une place de titulaire. Le latéral droit a pris son temps avant d'évoluer dans l’élite mais ne souhaite pas pour autant brûler les étapes. Même si ses performances font parler jusqu’en Bolivie et donnent lieu à des situations cocasses…Le Français s'est confié sur ses premiers pas en Ligue 1 et ses ambitions.

Vous êtes arrivé à Montpellier l'été dernier en provenance d’Auxerre. Pourquoi avoir choisi le MHSC ?
J’étais en fin de contrat à Auxerre. Le MHSC s’est vite manifesté. Je l’ai choisi parce qu’ils ont témoigné une réelle envie de me voir venir et ils m’ont fait comprendre qu’ils me voulaient vraiment. Le projet me plaisait. C’est un club familial. Le cadre de vie est pas mal ici. J’avais vraiment envie de venir ici.

Vous a-t-on garanti du temps de jeu ?

Non. Contrairement à ce que l'on peut penser, personne ne m’a dit que j’allais jouer. On m’a surtout dit qu’avec du travail, en étant sérieux et en faisant ce que je savais faire, j’aurais ma chance.

C’est donc votre première saison en Ligue 1. Comment s’est passée la transition entre les deux paliers ?

On peut dire qu’il y a un niveau d’écart quand même. Au niveau de la concentration et de la rigueur, je l’ai bien ressenti. Il faut être concentré durant tout le match, être attentif à ce qui se passe, à la communication. Ça va aussi beaucoup plus vite. Il y a plein de petits détails qui font que la Ligue 1 est un championnat assez supérieur à la Ligue 2.

Vous êtes désormais titulaire, qu'est-ce que ça change pour vous...

C’est une preuve de confiance pour moi. Après, j’essaie de rendre au staff ce qu’il me donne en me permettant d’avoir ma chance de jouer. J’essaie d’être sérieux, d’être combatif, de donner le maximum et d’apporter ce que je peux apporter. Michel Der Zakarian est un coach qui demande beaucoup de concentration et de rigueur au quotidien. Comme tous les entraîneurs, il nous demande de mouiller le maillot. Il donne beaucoup à ses joueurs et aime recevoir en retour. C’est ce que j’essaie de faire.

Vous avez réalisé l’un de vos meilleurs matches face au PSG (0-0) à la Mosson lors de la 7e journée de Ligue 1, ndlr), après seulement quatre matches en Ligue 1. Qu’est-ce qu’on ressent dans ces moments-là ?

N’importe quel joueur qui fait un match nul contre le PSG de cette année sera content parce que ce n’est pas n’importe quelle équipe. J’étais content de ma performance et j’étais fier de toute l’équipe mais aussi du staff. On a fait un gros travail collectif avant toute chose. Avant le match, le coach nous a dit que rien n’était impossible, que si on avait envie de les battre ou d’accrocher quelque chose face au PSG, c’était possible. Quand on a envie, on peut faire de belles choses. A la fin du match, il nous a félicité et il nous a dit qu’il faudrait rééditer la performance face à Monaco, qui ne sera pas un adversaire facile non plus.

Vous avez un peu côtoyé le regretté Louis Nicollin. Sentez-vous une atmosphère particulière au sein du club ?

Pour être honnête, je ne l’ai vraiment pas connu. Quand il est décédé, j’ai compris que le club, la ville et le football en général, perdaient quelqu’un de vraiment important. Le club a un président (Laurent Nicollin qui a commencé au MHSC en tant que président délégué en 2002, ndlr) qui avait repris les choses il y a un moment déjà. C’est un président jeune qui a envie de marcher sur les traces de son père et continuer le travail entamé par Louis Nicollin.

Vos prestations ont tapé dans l’œil des observateurs, et ce, jusqu’en Bolivie… 

La Bolivie m’a contacté. C’est quelque chose d'assez étrange quand même (rires). Je crois qu’à la base, tout cela part du jeu "Football Manager." Ils m'avaient mis la nationalité bolivienne en plus de la nationalité française. L’année dernière déjà, j’avais reçu des messages de Boliviens après mes matches. Après la rencontre contre le PSG, ça a été multiplié par cent. On a parlé de moi sur les réseaux sociaux, ça a encore accentué les choses. J’ai reçu beaucoup de messages. Apparemment, en Bolivie, ils parlaient de moi à la télévision en disant que j’étais sélectionnable. J’ai reçu beaucoup de demandes venant de là-bas. J’ai été obligé de faire un communiqué sur ma page pour expliquer que je n’étais pas Bolivien donc pas sélectionnable pour la sélection (rires). Je suis Français par ma mère et Espagnol par mon père. Je n’ai pas encore de double nationalité mais ça fait un moment que j’ai envie de l’avoir. C’est plus par rapport aux liens familiaux que pour prétendre à la sélection espagnole. Quand un joueur joue et fait des bonnes performances, il est vite sur le devant de la scène. Il faut quand même rester sérieux, faire abstraction de certaines choses et ne penser qu’au terrain.

(Propos recueillis par Julie Yalap pour Goal.com)







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