Manu Deroux tire sa révérence avec un maillot collector en souvenir (crédit photo : US Sassenage)

Après avoir porté pendant 31 ans le maillot de l’US Sassenage, son seul et unique club, Manu Deroux a décidé de raccrocher les crampons.
Et quelle belle fin de carrière amateur puisqu’à l’âge de 37 ans il décroche une montée en D2 avec l’équipe de réserve sassenageoise tout en remportant la coupe d’Isère réserve (3-0 face à MOS3R (3) après prolongations).
L’occasion de mettre en avant un garçon discret qui s’est toujours mis au service du collectif.

Manu, ton équipe a remporte la coupe réserves ce dimanche raconte nous ce match …
“Match difficile contre une belle équipe de MOS3R. Cela a été une partie équilibrée avec peu d’occasions franches des deux côtés. On a su répondre au défi physique qu’ils nous ont imposés et le réalisme à parler en fin de match. Une partie compliquée avec cette chaleur pour les deux équipes, mais je pense que notre force mentale, qui nous a caractérisé toute cette année, nous a permis de faire tourner le match en notre faveur. Le 15ème homme sassenageois, tous ces supporters venus en nombre, nous ont également tellement poussés qu on se devait de la faire pour eux aussi”

C’est une saison fabuleuse que tu as vécu …
“Oui une saison extraordinaire. Je pense que le club était “attendu au tournant” après cette agitation de fin de saison dernière autour du Bureau. Mais ce club a retrouvé son âme, celle que j’ai connu étant plus jeune, cet esprit de famille, de respect et d’entraide. Quoi de plus beau qu’une réponse sportive, et quelle réponse !
Remontée en PHR (R3) pour l’équipe fanion et nous champions l’année derrière. Puis promus, et champions de nouveau cette année, en étant invaincus et vainqueurs de la coupe réserve. Comme j’ai dit à “mes merdeux” avant le match : “des belles équipes on s’en souvient à Sassenage, il y en a eu beaucoup, mais des invincibles ont s”en souviendra très longtemps. Une année extraordinaire”

A titre personnel tu as décidé de raccrocher les crampons. Peux-tu nous faire un résumé de ta carrière ?
“O
ui il est temps pour moi de laisser la place aux jeunes, pas que j’en ai bien envie mais mes jambes me le font ressentir. J’ai signé ma première licence de foot en septembre 1987 à l’USSF et je l’ai jamais quitté jusqu à aujourd’hui … 31 années que je n’ai pas vu passer.
J’ai commencé gardien bizarrement, mon père m’a toujours dit que c’était juste pour avoir les gants. Mais après avoir fait mon premier match et en avoir pris 7, j en ai conclu rapidement que ce n’était pas ce que je voulais faire.
Un certain Gino Locatelli m’a donc placé latéral gauche et pour la première fois, première année Poussins, j’ai porté ce numéro 3. Les années suivantes je suis passé attaquant, toujours à gauche, de belles années buteurs : 35 buts en 26 matchs pour 90/91.
Puis arrivée du foot à 11, ailier gauche, pas évident de s’habituer à ce grand terrain.
Cadet rencontre avec Steve Giet, qui lancera le “Manu”, où pour sa première année 95/96, nous finissons invaincus de la première phase Promotion, 9 matchs 9 victoires, et second en Excellence sur la seconde phase.
Junior 1ère année, champion sur les deux phases de championnat, avec en plus un 4ème tour de la Gambardella perdu contre l’OGI (1-4) et une défaite amère en finale de coupe de l’Isère contre la Vallée de la Gresse (2-3). L’année suivante défaite au 5ème de la Gambardella contre Roanne 3-0. Puis en 99 début seniors, en Promotion d’Excellence avec l’équipe 2″.

“Gino Locatelli m’a marqué …”

Quels sont les bons et moins bons moments que tu retiens et les personnes qui t’ont marque dans le club ?
“L
es bons et les moins bons … il y en a tellement. Naturellement, je vais te dire que la défaite en finale de coupe de l’Isère -17, le penalty raté en coupe de France Poussins sont des moments durs que je n’oublie pas. La coupe de cette année et tous les titres de champions sont des moments extraordinaires. Mais les meilleurs moments qui me resteront gravés à vie, c est la relation avec toutes ces personnes qui gravitent autour de ce club. C’est une famille, c’est ma famille. Ces ambiances autour du stade, dans les victoires ou les défaites. Le plus beau moment de ces dernières années, c’est d avoir retrouvé mon club avec ses vraies valeurs, celles qu’on m’a inculquées quand je suis arrivé à la Rollandière en septembre 1987. Des personnes qui m ont marquées dans ce club … on peut y passer la semaine !!! Mais si je dois faire un triplé gagnant, je dirais la personne qui a marqué tous sassenageois, monsieur Gino Locatelli, je crois que le club ne serait pas là où il en est sans lui. Mon premier entraîneur Manu Rodriguez, qui m’a accueilli en Débutants et qui était là aussi quand je suis arrivé en Seniors. Il ne le sait pas, mais c’est un exemple pour moi, pour sa rage de vaincre, son amour du maillot et toutes les valeurs humaines qu’il véhicule. Enfin le dernier Steve Giet qui a été mon entraineur pendant 4 ans.”

Vas-tu continuer à jouer en vétérans ?
“Bien sur que je vais jouer en Vétérans. D’une, le foot est vital pour moi et j’ai toujours dit que tant que mes jambes me porteront, je jouerai et de deux, impossible de quitter ma famille et ce maillot”

Entraîner c’est quelque chose que tu envisages ?
“On m’a déjà posé la question, je sais pas du tout. Dans deux mois je vais être papa, donc je vais profiter un peu et on verra par la suite. Pour le moment ce n’est pas dans mes projets”

As-tu un message a faire passer a ceux qui te lisent ?
“Un message : surtout un grand merci à toutes les personnes qui m’ont accompagnées dans cette aventure. Et continuons à faire de ce club ce qu il mérite d’être : une famille. A jamais Jaunes et Noirs !”