Quoi de mieux pour fêter sa retraite qu'un Mondial en Russie et croiser Bixente Lizarazu ? (crédit photo : S. Zoratti)

Après une longue carrière au FC Vallée de la Gresse, le milieu de terrain emblématique du club Sébastien Zoratti a décidé de prendre une retraite sportive bien méritée.
Retour avec lui sur les plus beaux moments en tant que joueur …

Sébastien tu as dignement fêté ta fin de carrière entre ton dernier match de championnat et ton « jubilé ». Raconte-nous ces 2 journées ..
“Oui j’ai déjà eu la chance de le jouer à domicile. J’ai eu le droit à un kop et une banderole de la part de ma femme qui m’a fait cette surprise, je sentais la belle journée venir. Le coach m’a donné le brassard et m’a choisi pour être le premier tireur si il y avait un penalty, le truc que je déteste depuis que j’en ai raté un quand j’étais en -17 ans mais là je le sentais bien. Et comme par hasard on en a obtenu un. Pour la petite anecdote je m’étais engagé avec Micka Todeschini de le tirer du pied droit, style le pied qui ne me sert a rien, mais même pas à monter dans le bus. Au moment de récupérer le ballon il passe à coté de moi et me dit en rigolant “Tire du gauche quand même, on perd, vaut mieux mettre toute les chances de notre coté même si tu sais pas les tirer”.
Bref du coup je marque pour mon dernier match avec l’équipe Fanion et j’ai eu le droit à une sortie à 5 minutes de la fin du match avec des applaudissements, des remerciements du président au micro.

   
Cela m’a vraiment touché toute cette attention. J’ai vraiment eu le sentiments du devoir accompli auprès de mon club.
Pour le jour de mon “jubilé”, j’ai essayé de réunir les personnes avec qui j’avais joué, partagé des moments football, des entraîneurs, des anciens qui m’ont vu évoluer depuis que je joue au ballon. J’ai voulu faire surtout une fête pour tous se retrouver et j’ai été le plus heureux car j’ai eu énormément de retours positifs. Des personnes que je n’avais pas revu depuis 8/10 ans, des mecs qui ont fait 6h de route, d’autres qui se sont débrouillés pour venir malgré des mariages ou autres. Pour résumer ils ont voulu me faire plaisir et j’étais le plus heureux. On était environ 40/50 pour jouer et se faire un petit tournoi. Bien sûr accompagné par un petit apéro entre chaque match. Sinon au total avec ceux qui ne jouaient pas, les femmes et enfants on s’est retrouvé à peu près entre 80 et 100 au cours de la journée. On a enchainé barbecue, toujours apéro, pétanque, retrouvailles et rigolade. J’ai vécu tellement d’émotions pendant ces 2 journées … Je le souhaite à tous car ça fait vraiment du bien de ressentir autant d’amour et d’amitié”

“Je suis resté fidèle à la Vallée malgré les sollicitations”

Peux-tu nous faire un récapitulatif de tout ton passe de joueur ?
“Pour récapituler mon passé de joueur : j’ai commencé à U.S Le Gua à l’age de 3/4 ans, ma maman a été mon premier entraîneur car elle s’occupait des petits. Ensuite je suis parti à l’OGI où j’ai connu pleins de belles personnes et appris énormément pendant mes 2 années de -15ans (minime à l’époque). Entre temps mon papa est décédé et cela m’a coupé dans mon élan de la vie et du football … dur moment. Je suis retourné en -17 ans dans mon club de cœur US Le Gua qui venait de fusionner avec Varces-Vif pour devenir la Vallée de la Gresse. On gagne la coupe de l’Isère la première année contre Sassenage et finaliste la deuxième année, on perd contre mes anciens potes de l’OGI. Après j’ai enchainé malgré des demandes d’autres clubs pour les rejoindre je suis resté fidèle à mes couleurs jusqu’à cette année pour finir en beauté.”

La Vallée contre Chamalières en coupe de France (crédit photo : C. Bruno / Footisere)Quels sont les meilleurs et moins bons moments que tu retiens ?
“Les moins bon moments pour moi sont les années où rien ne nous souriait. On enchaîne 2 descente de suite HR en PHR et ensuite en Excellence… On va retenir que les plus vaillants, ceux qui auront tout donné sont restés et les “mercenaires” sont partis. Le club a repris une vraie valeur de cœur et de l’amour du maillot. Et les plus beaux il y en a 4 :
– l’année où l’on gagne la coupe de l’Isère en -17ans
– la montée en HR en 2014-2015 avec un groupe de guerriers vraiment énorme.
– un maintien mythique face à Fraisse-Unieux, on perd 3-0 à la 80ème… à ce moment là on redescend en Excellence. Et je ne peux pas t’expliquer comment mise à part la folie, on gagne 4-3 en inscrivant les 4 buts en 12 minutes. A la fin du match Christophe Cuynat est tombé dans les pommes tellement il y avait de l’émotion (rires) …
– P
our finir c’est cette année où j’ai eu le plus de frissons, je marque et j’offre une passe décisive à Thibaut Portaz sur le match de coupe de France face à Cluses. Déjà un public en total folie, mais surtout lorsque je marque je cours voir le Kop de supporter FCVG qui s’était créé le temps du match. Tellement d’engouement et d’émotions, tout le monde se jetait sur tout le monde et la barrière n’a pas résisté. C’est un moment unique et cela le sera toujours.”

“merci à christophe cuynat pour toute la confiance qu’il m’a accordé …”

Le FCVG c’est avant tout des hommes. Il y en a beaucoup à citer sans doute mais est-ce que certains t’ont plus marqué que d’autres et pourquoi ?
“J’en ai vu des joueurs pendant toute ces années ! Je pourrai t’en citer tellement oui : de Doudou Bounouara et aujourd’hui Mika Todeschini. Je te dirai aussi Christophe Saint-Pierre qui m’a toujours fait halluciner par sa facilité et sa vison. Mika Aillon,un joueur qui m’a impressionné : rapide et techniquement au-dessus du lot “quand il veut”. D’ailleurs il me fait toujours rire quand il me raconte que lorsque qu’il était petit il disait toujours qu’il voulait jouer avec l’homme à la queue de cheval car jusqu’à mes 25 ans j’avais le même style de coupe que Dado Pršo (rires). Il y a tellement d’hommes, de joueurs, éducateurs, dirigeants, bénévoles à citer … si je devais en retenir qu’un je citerai Christophe Cuynat. La personne qui donnerait tout pour que La Vallée continue son ascension. Qui est toujours pendu à son téléphone pour les joueurs. Qui reste un exemple d’éducateur. Un sacré caractère mais un grand cœur. Je veux lui dire encore merci pour toute cette confiance pour les années que l’on a partagé.”

Entrainer ça t’intéresse ?
“Peut-être pas pour le moment mais dans l’avenir j’aimerai vraiment m’occuper des équipes de jeunes, leur inculquer les valeurs du foot et l’amour d’un maillot sous lequel on joue. Et prendre du plaisir à faire du jeu, comprendre que le football c’est une passion avant tout.”

Que vas-tu faire maintenant ?
“Et bien écoute, maintenant je vais rejoindre les autres “vieux” du club en Vétérans, continuer à  prendre du plaisir avec eux, jouer aussi en FSGT avec toujours des ancêtres de La Vallée, un peu de course et du foot en salle chez nos amis du Foottime Echirolles bien sûr !”

As-tu un dernier message a faire passer a ceux qui te lisent ?
“Je dirai pour conclure un grand merci à la Vallée de la Gresse pour tous ces moments partagés, merci à toute les personnes qui m’ont entraîné, avec qui j’ai joué depuis que j’ai commencé. Il faut continuer à encourager les clubs de l’Isère car nous sommes trop peu dans les niveaux au-dessus. Un grand merci à Footisere pour ce clin d’œil et surtout de toujours être présent et de nous permettre de faire vivre le football isérois dans l’hexagone du ballon rond depuis 15 ans maintenant. Je souhaite bonne chance et bonne saison à venir à tous les clubs isérois, au GF38 une belle année en Ligue 2 et une longue vie au media le plis connu du foot amateur iserois : bien entendu FOOTISERE”