Douadi Bounouara l'entraîneur de la réserve d'Eybens

Actuel coach de la réserve de l’OC Eybens, Douadi Bounouara réalise une bonne première partie de championnat avec son équipe.
L’occasion pour nous de lui poser quelques questions.

Doudou ton équipe s’est imposée 4-3 sur le terrain de la réserve de La Vallée, raconte-nous ce match …
Douadi Bounouara : « Pour commencer, je voudrais juste dire que ça a été un plaisir certain de retourner à La Vallée Gresse, club où j’ai passé 4 belles années en tant que joueur avec une accession en R2 il y a une vingtaine d’années. Quant au match, je savais qu’il serait très compliqué et ça a été le cas. Leur dernière place et les scénarios auxquels cette équipe est confronté sont cruels car je pense sincèrement qu’ils méritent beaucoup mieux. Après avoir été menés 1 a 0, nous revenons rapidement au score.A la mi-temps, nous décidons d’aller les chercher plus haut ce qui concrétise notre domination. Nous menons à 2 reprises mais par 2 fois notre adversaire revient au score jusqu’au but libérateur à 12 minutes de la fin.Nous l’emportons 4 à 3 logiquement, selon moi, face à un adversaire vaillant et au fair-play parfait. »

Après un début de saison compliqué, ton équipe reste invaincue depuis 5 rencontres et une série de 3 victoires consécutives. Comment expliques-tu ce très bon cycle ?
Douadi Bounouara : « Le début de saison fut compliqué car mon groupe est jeune avec peu d’expérience. J’ai été confronté à une cascade incroyable d’absents (blessures, pass sanitaire …etc ). J’ai parfois dû composer mon équipe avec une quinzaine de joueurs indisponibles lors de nos 5 défaites. Puis, la difficulté de ce championnat réside dans le fait que nous rencontrons principalement des équipes premières aguerries au niveau D1 et expérimentées. En tant qu’équipe réserve, impossible d’avoir une stabilité surtout quand les cadres sur lesquels tu comptais sont blessés. D’ailleurs, il n’y qu’à regarder le classement pour constater que seules des équipes premières composent le trio de tête, idem pour les 5 premiers. Notre déclic a eu lieu lors du match contre le FC2A, leader du championnat, ou nous avons ramené un bon match nul. Ce match nous a démontré que nous étions capable de rivaliser avec les meilleurs le temps d’un match. Et quand,les blessés sont de retour, alors les résultats sont bien meilleurs ( 5 matchs sans défaites, série en cours). »

Vous voilà bien calés à la 7ème place de D1. Quels objectifs vas-tu fixer à tes joueurs et jusqu’où pouvez-vous aller désormais ?
Douadi Bounouara : « Alors, je vais être très clair : notre objectif reste le maintien. Je sais d’où on vient, et ce n’est ni un manque d’ambition ni un manque d’envie. Je suis réaliste, ce groupe a beaucoup progressé mais en football, les choses vont tellement vite d’un côté comme de l’autre. Et puis j’aimerais que mes jeunes joueurs continuent à acquérir de l’expérience encadrés par quelques anciens. »

Explique-nous comment ça se passe au global chez les Seniors, notamment ton travail avec Ali Maatar ? Comment vois-tu la 2ème partie de saison de la 1 en Ligue ?
Douadi Bounouara : « Je suis en binôme avec Larbi Bouabib avec qui la collaboration est parfaite.Tout comme elle l’est avec Medhi Bakhalk et Michael Lucarelli coachs respectifs du groupe 3. Paul Martinese travaille sur le retour de blessure des joueurs en plus d’être un soutien important auprès d’Ali.Quand à Alain Chamberod ,il s’occupe en tant que dirigeant du groupe 1er , l’ancien est toujours aussi passionné. Pierre-Jean Garcia, responsable de la catégorie Seniors en plus de son rôle de directeur sportif. Enfin, Najib Tebai, quant à lui Directeur Technique. Quant à Ali Maatar, c’est une amitié de plus de 25 ans qui nous lie au delà du football. C’est une amitié sincère et réelle qui nous lie.Notre entente est tellement parfaite, que souvent, sans se consulter au préalable, nous pensons exactement la même chose au même moment. Je pense personnellement que pour notre équipe première, en reconstruction depuis 2 ans, l’objectif cette saison est de construire les bases d’une équipe future qui pourra jouer les premiers rôles dans les 2 a 3 années à venir car cette saison, Plastic Vallée est un leader incontestable en R3. Je voudrais aussi mettre en lumière les deux éducateurs U20 ligue, Franck Mounot et Ivan Jovanovic, qui ont l’intelligence et le bon sens de nous aider sans aucune hésitation leurs U20 quand on faisait face aux nombreux absents. Ils ont joué le jeu sans jamais rechigner. »

Tu fus un attaquant apprécié et virevoltant de l’OGI en N1 dans les années 90. On sait que tu suis encore le GF38. Que t’inspire leur situation et comment en est-on arrivé là à ton avis ?
Douadi Bounouara : « C’est toujours délicat de répondre à ce genre de questions car pour comprendre une situation il faut lavivre de l’intérieur. En tout cas, de l’extérieur, je me demande comment d’une année sur l’autre on peut jouer la montée en ligue 1 à travers des barrages d’accession puis l’année suivante, jouer le maintien en Ligue 2. Cela s’explique par le départ (pour quelles raisons ?) des meilleurs éléments ces dernières années ( Chergui, Spano, Pickel, Benet…etc) et forcément l’équipe s’affaiblit.Surtout que le recrutement opéré n’apporte aucune plus value selon moi. Le changement d’entraîneur ne porte pour le moment pas ses fruits : n’oubliez pas que ce sont les joueurs qui sont sur le terrain. Enfin, il faut que l’on m’explique pour quelles raisons on ne voit jamais ou rarement un jeune du centre de formation éclore en équipe première.Et ça, c’est un problème récurent dans ce club. Je suis désolé, mais ce que je vais dire est la pure vérité : aujourd’hui un jeune joueur iserois avec des qualités certaines et bien je lui conseille de s’exiler hors Isère pour avoir une chance de percer. »

Que faut-il mettre en œuvre pour que le GF38 sauve sa place en Ligue 2 ?
Douadi Bounouara : « Je n’ai pas de boule de cristal , dans les situations où tu n’arrives pas à gagner, je pense qu’il faut, un temps, penser à ne pas perdre, faire le dos rond en faisant les efforts ensemble pour des jours meilleurs.L’union sacrée quoi. Et surtout, ne pas perdre les matchs contre les concurrents directs au maintien. « 

As-tu un message à faire passer aux internautes qui te lisent ?
Douadi Bounouara : « Je dis toujours que les meilleurs entraîneurs et les meilleurs arbitres sont derrière la main courante. Le football est un formidable vecteur d’intégration, d’amitié et de fraternité. Ne le détruisons pas, car je vois chaque week-end des comportements qui dépassent l’entendement. » (NDLR : cette interview a été réalisé avant les évènements qui ont fait la Une du DL concernant un match de D4)